La réforme de l’accès aux études de santé est entrée dans une phase critique. Après quatre ans d’existence, le double système PASS/L.AS, qui avait remplacé l’ancienne PACES, est jugé trop complexe et inéquitable. Le gouvernement a lancé une concertation nationale majeure visant à mettre en place un modèle unique, simplifié et harmonisé pour l’accès aux filières Médecine, Maïeutique, Odontologie, Pharmacie, Kinésithérapie (MMOPK), avec une date butoir fixée à la rentrée 2027.
Retour sur la réforme de 2020 : le bilan du PASS/L.AS
La loi OTSS (Organisation et Transformation du Système de Santé) de 2020 a supprimé le redouté Numerus Clausus et la PACES (Première Année Commune aux Études de Santé).
Ses objectifs étaient doublement atteints :
- Diversification des profils : Les étudiants pouvaient suivre une Majeure Licence (en L.AS) ou une Mineure Licence (en PASS), venant ainsi d’horizons variés (Droit, STAPS, Sciences).
- Sécurisation des parcours (« Marche en avant ») : Un échec à la sélection en santé n’entraînait plus un redoublement obligatoire ou une réorientation brutale, mais la possibilité de continuer vers la Licence d’origine.
- Augmentation des places : Le nombre de places offertes a significativement augmenté (notamment +25 % en médecine par rapport à la période antérieure à 2017).
Toutefois, ce système est devenu hétérogène, complexe et illisible. La Cour des comptes et les fédérations étudiantes ont dénoncé une grande disparité dans l’organisation des parcours et des épreuves de sélection d’une université à l’autre, menaçant l’équité territoriale.
La concertation 2027 : l’objectif du modèle unique
Lancée en octobre 2025 par la Ministre de la Santé, Stéphanie Rist, et le Ministre de l’Enseignement Supérieur, Philippe Baptiste, cette nouvelle phase de concertation vise à corriger les défauts du système actuel.
1. Ce dont la concertation parle
Il s’agit de simplifier drastiquement l’accès en :
- Instaurant un modèle unique de première année : L’objectif est de tendre vers un seul parcours d’accès, très probablement une L.AS standardisée et encadrée, pour remplacer la distinction floue entre le PASS (Majeure Santé) et la L.AS (Mineure Santé).
- Harmonisant les critères : Rapprocher les différentes voies et diminuer la diversité des modes d’organisation des parcours et de sélection pour garantir la lisibilité et l’équité sur l’ensemble du territoire.
- Maintenant les acquis de 2020 : Conserver la diversité des profils et la sécurisation du parcours étudiant (la marche en avant).
2. Les prochaines étapes et qui fait quoi
| Acteur | Rôle dans la Concertation | Objectif / Prochaine Étape |
| Ministères (Santé & ES) | Pilotage de la concertation | Définir un modèle unique et harmonisé. |
| Universités & Doyens | Fournir une expertise académique | Négocier les modalités pédagogiques et les moyens nécessaires. |
| Associations Étudiantes | Représenter les usagers | Défendre l’équité, la lisibilité et les conditions d’étude. |
| Parlementaires | Relayer les attentes, proposer des lois | Examen des propositions concrètes qui seront présentées par le gouvernement. |
| Mise en œuvre | Au plus tard à la rentrée 2027. (La rentrée 2026 est jugée irréaliste par les Doyens). |
L’impact pour les étudiants et les facultés
1. Ce que ça change pour les étudiants
- Aujourd’hui (jusqu’à 2027) : Les dispositifs PASS et L.AS (y compris la LSPS) restent en vigueur. Les lycéens qui entrent en première année en 2026-2027 seront les premiers concernés par la transition, mais le système actuel s’applique toujours.
- À partir de 2027 : Les futurs bacheliers devraient bénéficier d’un système unifié et plus simple à appréhender sur Parcoursup, avec des règles d’admission plus homogènes, assurant une meilleure équité des chances.
2. Ce que ça change pour les facultés et les territoires
La concertation est indissociable d’un mouvement d’universitarisation du territoire qui va bien au-delà des 30 villes universitaires historiques :
- Cours à distance et présentiel : Le modèle d’extension repose sur un modèle hybride obligatoire. Les Cours Magistraux (CM) seront diffusés par Enseignement à Distance (EAD) à partir de l’UFR de médecine centrale.
- Nouvelles structures en présentiel : L’analyse des premières expériences (comme le PASS à Nevers) montre que l’EAD seul ne suffit pas à garantir la réussite. Le projet exige la création et le co-financement de nouvelles structures en présentiel (locaux, salles de TD/bibliothèque) par les collectivités locales (Agglomérations, Départements).
- Nouveaux cursus délocalisés : L’objectif est d’offrir l’accès aux filières de santé dans chaque département, même ceux dépourvus d’une UFR de médecine, via des antennes délocalisées. Ces structures devront impérativement garantir un encadrement de proximité (tutorat) et un environnement propice à l’étude intensive, pour éviter la reproduction d’une inégalité de réussite.
Et les prépas médecine, elles aussi seront partout ?
Si cette réforme se concrétise, les étudiants ne seront plus cantonnés à la trentaine de villes disposant d’une faculté de médecine. Ils pourront commencer leur parcours partout en France, au plus près de leur domicile, renforçant l’ancrage territorial de la formation.
Afin d’anticiper cette nouvelle donne territoriale, les prépas médecine misent déjà sur l’extension de leur capacité d’accueil. Bientôt, des centaines de nouveaux étudiants pourront bénéficier à distance des cours de la fac, mais aussi de ceux de leur Prépa, à distance, pour accompagner cette décentralisation.
De plus en plus de Prépas Médecine adoptent notre solution de captation et diffusion de cours live et replay Prépa Connect. Aujourd’hui, pour permettre une plus grande flexibilité à leur étudiants, pour qu’ils ne manquent pas une miette des sessions de prépa. Demain, pour permettre aux étudiants de tout le département de s’inscrire en Prépa, sans forcement déménager.
Et vous, où en êtes-vous dans votre préparation ? Quel que soit le modèle 2027, la première année de santé restera exigeante.