Tu veux devenir vétérinaire et tu ne sais pas encore par où commencer ? Quelles écoles vétérinaires viser, combien ça coûte, si tu vas trouver du travail après ? Cette article répond à toutes tes questions, sans filtre, pour que tu puisses faire ton choix avec toutes les cartes en main. À savoir que
Pourquoi devenir vétérinaire ?
Le métier de vétérinaire attire chaque année des milliers d’étudiants passionnés par les animaux. Mais au-delà de la passion, c’est un choix qui tient la route professionnellement. Les débouchés vont bien au-delà de la clinique pour chats et chiens : santé publique, recherche, industrie pharmaceutique, inspection alimentaire, armée, zoos, faune sauvage, vétérinaire équin… C’est un des rares diplômes scientifiques qui ouvre autant de portes.
Et côté emploi, la situation est objective : la France manque de vétérinaires. En 2023, le déficit était estimé entre 800 et 1 000 praticiens, principalement en zone rurale. En 2026, les déserts vétérinaires s’étendent même aux zones périurbaines. Autrement dit, quand tu sors d’école, tu trouves du boulot. La vraie question c’est où et dans quelle spécialité, pas si tu vas galérer à te placer.
« En effet, la profession vétérinaire en France connaît une baisse continue de ses effectifs. Cette situation entraîne une désertification vétérinaire sur le territoire qui s’observe depuis plusieurs années. Le départ ou la mutation des praticiens après 40 ans a des répercussions majeures sur les zones concernées. La pression liée à la continuité des soins et à la gestion des urgences, 24 heures sur 24, aggrave les conditions d’exercice des vétérinaires, confrontés à un déficit croissant de praticiens. De ce fait, de nombreux animaux ne peuvent être pris en charge à temps, entraînant parfois leur décès. »
Mme Cathy Apourceau-Poly appelle l’attention de Mme la ministre de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire sur le déficit de vétérinaires en France.
Les études vétérinaires sont longues et sélectives
Il faut compter 6 ans minimum pour décrocher le titre de Docteur Vétérinaire, parfois 7 ou 8 avec une thèse ou une spécialisation. Le parcours se divise en deux grandes phases : l’accès à l’école (sélectif), puis les 5 années de formation en école.
Pour entrer dans une école vétérinaire publique, il existe plusieurs voies.
La voie BCPST (classe préparatoire Biologie-Chimie-Physique-Sciences de la Terre, 2 ans) est la voie historique et la plus sûre statistiquement. Elle reste exigeante mais donne accès au concours commun qui ouvre les portes des quatre grandes écoles nationales.
La voie post-bac via Parcoursup existe depuis 2022 et monte en puissance : 50% des places des ENV sont désormais accessibles directement après le bac. C’est aussi la seule voie pour intégrer UniLaSalle Rouen, l’école privée.
La voie universitaire (après L2 ou L3 en SVT ou biologie) est une troisième option pour celles et ceux qui ont démarré leurs études par la fac.
Les 5 écoles vétérinaires en France
En France, il existe exactement 5 établissements qui forment des docteurs vétérinaires reconnus par l’État. Pas plus. C’est ce qui rend la sélection à l’entrée aussi serrée : 724 places au total côté public pour 2026, réparties équitablement entre les quatre écoles vétérinaires nationales.
VetAgro Sup — Lyon
C’est l’école vétérinaire française la mieux classée à l’international : 36e mondiale au classement QS 2025, devant toutes les autres ENV. Située à Marcy-l’Étoile près de Lyon, elle est aussi la plus ancienne école vétérinaire du monde ! (fondée en 1761). Son plateau technique est excellent et son lien avec la recherche très fort. À noter qu’elle forme aussi des ingénieurs agronomes et des inspecteurs de santé publique vétérinaire, ce qui lui donne une dimension pluridisciplinaire unique.
ENVA — Maisons-Alfort (Banlieue Parisienne)
L’école vétérinaire d’Alfort, en banlieue parisienne (Val-de-Marne), est la deuxième la mieux classée à l’international (49e mondial QS 2025). Réputée pour son plateau clinique de haut niveau, notamment en médecine et chirurgie des animaux de compagnie. Sa localisation en Île-de-France est un avantage pour les stages et l’accès aux structures spécialisées parisiennes. Si tu vises les animaux de compagnie en milieu urbain, c’est souvent la référence.
ENVT — Toulouse
L’École Nationale Vétérinaire de Toulouse est particulièrement reconnue pour la médecine équine et la faune sauvage, deux spécialités en lien direct avec son environnement géographique (Grand Sud-Ouest, filières d’élevage importantes). Bonne réputation en animaux de rente également. Ville étudiante très agréable, ce qui n’est pas anodin quand on passe 5 ans quelque part.
Oniris VetAgroBio — Nantes
Oniris à Nantes est une école un peu particulière : elle forme à la fois des docteurs vétérinaires et des ingénieurs agroalimentaires. Son point fort est clairement l’agroalimentaire, l’équin et les animaux de rente de l’Ouest. Bonne ambiance étudiante, campus bien équipé, et une vraie identité autour de la filière alimentaire qui peut ouvrir des portes supplémentaires si tu t’intéresses à l’industrie.
UniLaSalle — Rouen
C’est la seule école vétérinaire privée de France, ouverte depuis 2022. Accessible uniquement par la voie post-bac (Parcoursup), sans passer par la prépa BCPST. Le diplôme est reconnu par l’État, la formation est sérieuse, mais le coût est sans commune mesure avec le public : 14 300 €/an les trois premières années, puis 18 900 €/an les trois dernières, soit environ 100 000 € sur 6 ans. À considérer si tu as raté le concours ENV ou que la prépa n’est pas dans tes plans, mais les yeux grands ouverts sur l’investissement.
Ce que coûtent vraiment les écoles vétérinaires
Dans les quatre ENV publiques, les frais de scolarité 2025-2026 sont de 2 852 €/an, avec gratuité totale pour les boursiers (seule la CVEC de 105 €/an reste due). Sur 6 ans, en ajoutant le logement et la vie courante, un budget global autour de 20 000 à 30 000 € hors revenus complémentaires est réaliste. C’est très accessible comparé à d’autres filières de santé.
UniLaSalle, on l’a dit, c’est une autre catégorie financière. Le budget peut dépasser 100 000 € sur les 6 ans rien qu’en frais de scolarité.
Les spécialités : à quoi tu te destines ?
En 6e année, chaque étudiant choisit une orientation. Les grandes familles sont les suivantes.
- Animaux de compagnie (canine/féline) : le secteur le plus demandé, mais aussi le plus concurrentiel en ville. Les cliniques urbaines sont bien implantées et le marché se resserre dans les grandes agglomérations.
- Équine : niche très spécialisée, bonne rémunération, mais mode de vie souvent rural ou semi-rural. Forte demande dans le Sud-Ouest et le Pays de la Loire.
- Animaux de rente (bovins, ovins, porcins) : c’est là où les besoins sont les plus criants. Seulement 15% des vétérinaires actifs exercent en animaux de rente. Si tu acceptes le cadre rural, tu auras le choix des postes et parfois des aides à l’installation.
- NAC (nouveaux animaux de compagnie) : reptiles, lapins, oiseaux, rongeurs. Niche en forte croissance, de plus en plus de cliniques spécialisées.
- Faune sauvage / zoo : très peu de postes, très demandé. Il faut souvent compléter avec une spécialisation ou partir à l’étranger.
- Santé publique et inspection alimentaire : le vétérinaire fonctionnaire (abattoirs, DGAL, contrôle sanitaire). Moins bien payé mais sécurité totale de l’emploi, gardes limitées, cadre de vie stable.
- Recherche et industrie pharmaceutique : les spécialistes dans ce secteur peuvent atteindre des revenus nets autour de 5 600 €/mois. Parcours souvent complété par un master ou une thèse de recherche.
- Chirurgie spécialisée : les chirurgiens vétérinaires sont parmi les mieux rémunérés de la profession, avec un salaire net moyen autour de 4 300 €/mois, soit 32% au-dessus de la moyenne nationale.
Les salaires à la sortie de l’école vétérinaire
Un vétérinaire salarié débutant gagne entre 2 698 € et 3 230 € brut par mois à la sortie d’école. Après 15 à 20 ans de carrière en salariat, les fourchettes montent entre 3 800 € et 5 500 € brut mensuel.
En libéral, c’est une autre dynamique : un praticien installé peut générer entre 40 000 € et 120 000 € nets annuels, voire davantage pour les spécialistes ou dans les grandes agglomérations. Les vétérinaires libéraux qui possèdent leur structure sont clairement ceux qui affichent les meilleurs revenus à long terme.
La variable la plus déterminante reste la spécialisation, devant l’expérience et la localisation.
Mobilité : où tu peux t’installer ?
Le diplôme français est reconnu dans toute l’Union Européenne, ce qui te donne une vraie liberté de mobilité vers la Belgique, la Suisse, le Luxembourg ou les pays nordiques, où les conditions salariales sont souvent plus favorables.
En France, si tu vises une grande ville avec des animaux de compagnie, la concurrence existe. Si tu acceptes le rural ou le périurbain, les portes sont grandes ouvertes : les déserts vétérinaires couvrent aujourd’hui plus de 75% des cantons selon les dernières données 2026. Certains territoires proposent même des aides à l’installation pour attirer des praticiens.
Ce qu’il faut retenir avant de se lancer dans des études vétérinaires
Les études vétérinaires sont longues, exigeantes et sélectives, mais elles débouchent sur un métier polyvalent, reconnu, avec un emploi quasi-assuré à la sortie. Le choix de l’école importe moins que ce qu’on en fait : les quatre ENV publiques délivrent exactement le même diplôme d’État, au même prix. Ce qui fait la différence, c’est la spécialité que tu choisis et la zone géographique où tu t’installes.
